Si j’évoquais la "vraie » Thaïlande il y a quelques jours, celle qu’on a dans la tête en arrivant et celle qu’on emporte dans le cœur en la quittant…. Il me semble logique d’évoquer aujourd’hui une « autre » Thaïlande, celle qu’on a trouvée, celle qu’on a recherchée, celle qu’on a découverte et aimée, en un mot, celle qu’on s’est appropriée. C’est ainsi, on a chacun « sa » Thaïlande, « sa » propre vision du pays en fonction de ses rencontres, de ses aventures, de ses propres centres d’intérêt… et Oh my Bouddha ! ils sont multiples et variés. Evidemment elle n’appartient à personne la Thaïlande, mais donne l’illusion de s'offrir (sans jamais se livrer tout à fait et je dirais « heureusement »)
La Thailande des motards (a cote de ma modeste bicyclette)
Si je m’attardais sur ma seule position géographie, j’appellerai « ma » Thaïlande, mon quartier de Nimmanheimin : trendy et frivole, studieux et superficiel, volage et buveur, bruyant, prétentieux et parfaitement xénophobe. Si, si. Pour ne pas tomber dans le cliché et par goût du vagabondage aventureux (géographique mais aussi social et culturel), je navigue dans tous les domaines, ou du moins j’essaie.
Décrire la Thaïlande, sans rester neutre – surtout sans rester neutre – (sinon se contenter de dire que la Thaïlande est le pays du sourire), c’est prendre le risque de se faire « alpaguer » par ceux qui pensent, à tort ou à raison, détenir la vérité, leur vérité, tant le sens de l’appropriation est fort chez l’homme en général. Chacun a sa vision, mais ne me tapez pas sur les doigts si je décris une Thaïlande aujourd’hui ou demain, qui ne correspond pas à la vôtre, il y en a peut-être autant qu’il y a de visiteurs. Alors j’ai beau traîner mes guêtres partout (Dieu ! si vous saviez ! les thaïs disent : « if you don’t try you don’t know. If you dont see you don’t know »), je n’ai pas forcement décrit la vôtre. Je ne suis jamais allée dans les parcs nationaux par ex. je ne sais pas pourquoi. Je ne suis jamais en trekking organisé, je me débrouille seule etc…
La Thailande de la mode et du shopping
Mes rapports avec les commerçants dans mon quartier à Paris sont les mêmes que ceux que j’établis ici… je discute. Dernièrement au pressing du Bd Montparnasse, la fille me demande : « Alors quand repartez-vous là-bas ? » Je lui réponds. Elle ajoute : « Mon frère y va tous les ans ». Je lève un sourcil intéressé : « alors il connait bien ? » « Ah oui, il va chaque année à Pattaya. Il y retrouve la même bande. »
Eh bien à chacun sa Thaïlande. Avant de rencontrer mon « chéri » il ya presque 7 ans, j’ai beaucoup vadrouillé (je continue), avec des chauffeurs-amis différents avec lesquels je partageais un peu de leur vie et eux un peu de la mienne. Ce fut épique ! et instructif. L’un n’avait qu’une hâte en arrivant à l’étape : trouver un bar et faire le bœuf avec les chanteurs de « phleeng pheua chiwit » et surtout « picoler ». L’autre, ex prof, ne comprenait pas pourquoi je photographiais de vieilles et sublimes femmes Karen qu’il trouvait laides et repoussantes avec leur bouche rouge de bétel. « Ce n’est pas la Thaïlande ça !! » A chacun ses canons de la beauté. A chacun sa Thaïlande. Elle n’appartient à personne, et c’est bien ce qui fait son charme.


oui oui exactement ce que j'explique aux personnes a qui j'essaye de faire découvrir d'autres "Thaïlande.s"
Rédigé par : Liliane Michel | 28/02/2012 à 15:34
Certes à "chacun sa Thaïlande" ,
Certes, il n'y a pas de Thaîlande "authentique" ou disons qu'il y en a plusieurs.
Je comprends cette formule, qui invite à éviter les simplifications, les placages "idéologiques", mais elle peut aussi se transformer en "relativisme "absolu pour les paresseux. Ce qui, bien sûr, n 'est pas votre cas.
L' Histoire existe, la Politique, la Culture ...existent. Ils sont l'objet de plusieurs récits, de plusieurs idéologies, de plusieurs points de vue ... de débats ... qui ne peuvent se clore par un "chacun sa Thaïlande".
Vous en êtes la preuve dans vos chroniques.
Rédigé par : Alain MARTIN | 01/03/2012 à 01:41