Lorsque j’assistais il y a quelques jours à la crémation d’un karen dans les environs de Mae Sariang, Mae Thob, mon guide et ex élève, m’expliquait que le lait de coco versé sur le visage du défunt était le liquide le plus pur qui existait dans la nature, sans me donner d’autres explications plus précises. En dehors de celle-ci : « le fût du cocotier, s’élève droit et très haut dans le ciel, la sève qui vient de la terre jusqu’au sommet de l’arbre pour donner le fruit, passe ainsi par différents filtres qui le rendent absolument pur ».
En feuilletant le magazine Guru ce matin, j’apprends que le lait de coco, bu directement depuis le fruit, est exempt de tout germe microbien et c’est la seule substance naturelle que l’on peut injecter dans le sang humain car elle a la même composition que le plasma sanguin. Dans certaines situations d’urgence, le lait de coco pourrait être utilisé en solution intraveineuse, comme fluide hydratant, à défaut de solution saline.
Non seulement le lait de coco calme la soif mais il donne également un coup de fouet grâce à sa haute teneur en potassium. Alors avis aux sportifs : pourquoi continuer de boire toutes ces boissons énergisantes lorsque la nature nous fait d’un tel cadeau ? D’accord on ne trouve pas de cocotiers en France, mais ici en Thaïlande, au « Kalare food center » de Chiang Mai par exemple et dans beaucoup d’autres endroits.
Je ne regarderai plus jamais les cocotiers de la même facon à présent. Et puisque je fais référence, et à la nature et aux karens... ce petit rappel poétique : (dans un univers de violence). Beaucoup de prénoms féminins karen sont constitués du mot fleur : « Paw ». - « Paw Tee » : fleur d’eau - « Lah Ka Paw « : fleur de lune – « Day Nyah Paw » : fleur de lys – « Tee Ser Paw » : douce fleur d’eau. Et si vous habitez Chiang Mai, il y a, à l’intérieur d’un simple petit restaurant birman, une librairie : « The Best Friend Library », avec des centaines de livres, de magazines en anglais, en thaï, en karen et en birman et le sourire de Myo (qui a participé à la révolution orange en Birmanie il y 4 ans et qui depuis, a été obligé de fuir son pays), pour vous donner plein d’explications. (Nimmanheimhin Soi 8). Il m’a conseillé « Burmese Days » de George Orwell que je n’vais jamais lu. L’auteur y écrivait (le livre fut publié aux Etats Unis en 1934) : « C'est un monde dans lequel chaque mot, chaque pensée est censuré, l’amitié elle-même existe à peine lorsque chaque homme blanc est un rouage dans les roues du despotisme. La liberté d'expression est impensable. Tous les autres types de liberté sont autorisés. Vous êtes libre d'être un ivrogne, un fainéant, un lâche, un calomniateur, un fornicateur, mais vous n'êtes pas libre de penser par vous-même »... Cela ne vous fait pas penser à au moins un autre pays, 70 ans plus tard ?
Evidemment je ne pensais pas parler d’Orwell ce matin ni de la junte birmane, ni des femmes Padaungs. Mais voilà ce qu’il se passe lorsqu’on laisse les associations d’idées s’enchaîner au fil de l’écriture. Un peu comme "l'ecriture automatique".


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