Je suis d’un œil cynique et désabusé les programmes des deux probables finalistes à la présidence de la république. Je ne crois ni à l’un ni à l’autre. « Pour se démarquer, il faut un peu plus de gauche par ci un peu plus de droite par là… » La seule vraie solution serait probablement de mettre le meilleur des deux ensemble, et de créer un programme d’union nationale. Parce que… ON COULE. On coule avec la droite seule. On coule avec la gauche seule et pour des raisons diamétralement opposées. Faut-il donc toujours former des blocs et être des ennemis irréductibles alors que tout va mal ? On les a tous essayés, les gauches, les droites, alternativement ou ensemble parfois… et pour quel résultat ? On ne nous parle plus que d’économie, de chiffres, de résultats, de TVA, de productions, notre vie ne dépend donc plus que de ce que nous produisons, achetons, dépensons. Quel idéal de vie ?
Un dimanche a la sortie de l'usine. Dans le Yunnan
En Chine, en dépit d’une croissance que la planète entière envie, l’économie - condamnée à toujours plus sous peine de révolte - ne va pas si bien. Les conflits sociaux se multiplient dans les usines où la production est touchée par le ralentissement de nos « demandes » de nos « besoins », de nos « commandes ». Certains dirigeants d’entreprise pris par la frénésie de toujours gagner plus, veulent déménager, « délocaliser » des chaînes de production vers des districts encore plus éloignés des villes. Ce qui entraînerait des heures supplémentaires de transport (quand on sait que le chinois travaille 12 h par jour !!) Autant dire des licenciements. Pour ne pas le nommer, il s’agit une fois de plus de pièces plastiques et de composants électroniques destinés à APPLE (voir ma note « MOURIR POUR APPLE "(NOUS OMMES TOUS UN PEU ASSASSINS ).
Dans les champs de Luoping entre Yunnan et Guizhou
On se suicide aussi en Chine. Sur les lieux de travail.
En France j’ai entendu dire que Renault allait délocaliser certains secteurs de son industrie vers le Maroc où les salaires sont de 250 euros !! En Chine, les ouvriers ne survivent qu’avec les heures supplémentaires, sinon le salaire n’est que d’environ 480 euros.
Des millions d’ouvriers ont quitté leur lointaine province pour les lumières artificielles de la ville en laissant derrière eux des enfants très jeunes à la garde de grands-parents. Parents et enfants ne se retrouvent qu’une seule fois par an. A l’occasion de la fête du printemps (le nouvel an chinois…)
« En Chine, l’argent a remplacé le marxisme » dit Fang Lizhi, astrophysicien dissident qui poursuit ses recherches aux Etats-Unis.
A la radio ce matin, on parlait de la Chine, nouvel eldorado pour les plus audacieux, les plus braves, les plus aventuriers… et l’on imagine aussitôt Shenzen, Pékin, Shanghai.
Ce que j’ai aimé, moi, de mes vagabondages en Chine, ce sont les campagnes et ses rudes cultivateurs, les marchés loin des villes où de vieilles femmes étaient hypnotisées par la vue d’un seul poste de télévision.
Est-ce parce que j’ai tout que je regarde du côté de ceux qui n’ont apparemment pas grand-chose ? En tout cas, je vois les grimaces et l’amertume d’un côté, le sourire et l’espoir de l’autre. Je ne prétends pas que tous les gens souriants sont heureux, mais il leur reste encore quelque chose au fond du cœur. Ils ont surtout des rêves et de l’espoir. Celui d’avoir des enfants. Des enfants qui s’occuperont d’eux plus tard. L’espoir d’avoir un jour un peu plus de liberté de penser et de voir la génération suivante être mieux lotie que la leur. Et nous ? Nous ne rêvons plus. Ce que nous attendons des prochaines élections, c’est non pas de recouvrer la grandeur d’antan, mais en tout cas autre chose que des chiffres auxquels nous ne comprenons pas grand-chose. Une vision de l’avenir qui ne serait pas basée sur l’économie seulement. On aimerait sourire en pensant que nos enfants n’auront – peut-être pas plus que nous – mais en tout cas autant que nous.


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